Les opérateurs s’attaquent aux objets connectés

Opérateurs objets connectés

La course aux appareils connectés est lancée.
Depuis le début de l’année 2015, de nombreux opérateurs téléphoniques tels que Bouygues ou Orange se sont mis à développer un réseau destiné aux objets connectés, futur de notre économie selon eux. Pour cela il faut constamment innover et surtout, faire partie des « first mover » afin de pouvoir dominer un marché de plus en plus concurrentiel.

Appareil connecté : éclaircissement

Après les réseaux 2G, 3G, 4G, voilà que les opérateurs se mettent aux réseaux pour objets connectés !

Cela fait maintenant plusieurs années que l’automatisation de la production et des services est devenue la norme. On remplace les humains par des robots dans de nombreux domaines : il existe « Baxter » pour la production, « Kiva » pour la logistique déployé chez Amazon, ou encore GoogleCar, la voiture sans chauffeur. Tous les secteurs sont donc en mutation, celui de l’agriculture, en passant par le secteur hospitalier (exemple : « Da Vinci », un robot d’assistance chirurgicale) ou encore celui de l’automobile.
Rien de bien nouveau pour l’instant. Ce qui change, c’est l’internet des objets qui peuvent dorénavant produire de l’information.

Comment ?

Grâce à plusieurs composants qui sont :

  • de nombreux capteurs,
  • un microcontrôleur qui analyse les données récoltées,
  • une batterie
  • la connectivité pour que les informations puissent circuler entre différents terminaux.

Ainsi, chaque outil se voit attribuer une « couche d’intelligence » dont les services résident dans le Cloud. Leur fabrication est notamment soutenue et propulsée grâce au coût dérisoire de leurs éléments.
Ces objets connectés s’étendent donc à l’ensemble de notre économie. Désormais, le modèle d’affaires des entreprises se voit changer : ce n’est plus le produit qui intéresse mais le service offert derrière. C’est lui qui crée et transmet l’information.
Il existe par exemple « withings Aura » pour la gestion du sommeil, ou « Camera D-link » pour la surveillance à distance, et ces exemples illustrent ce nouvel axe de développement.
Comment ces appareils fonctionnent- ils ?

  • Pour les communications à courte distance il existe le “near field communication” permettant l’échange d’informations entre des objets situés à 10 centimètres maximum. Il y a également la puce RFID (Radio Frequency Identification, composée d’une antenne et puce électronique) chargée de stocker et d’échanger de l’information sur le produit.
  • Pour les communications à distances plus importantes, le Hub récupère et retransmet les flux réseaux entre les objets.
  • Enfin, pour les communications longues distances, le réseau cellulaire est utilisé et fourni par les opérateurs de téléphonie. Ceci nous amène au cœur du sujet de cet article : les investissements de ces derniers dans l’internet des objets.

Les entreprises concernées

Fin Juin, Bouygues Telecom a créé un réseau (à bas débit, donc pour des courtes distances) afin de permettre aux machines de communiquer entre elles.
La société a développé son projet en se basant sur la technologie LoRa (un WAN : Wild Area Network ; filiale de Samtech depuis 2012). Il s’agit d’un réseau étendu dédié aux appareils sans fils qui peuvent ainsi transmettre des informations entre eux. L’entreprise souhaite fournir à la ville de Paris des centaines d’antennes afin qu’elle soit couverte du réseau IoT (Internet of Things).
Olivier Roussat, Président directeur-général de Bouygues Telecom indique que
« L’internet des objets va transformer des pans entiers de notre économie” ; et c’est exactement ce qui est en train de se passer. Les managers affirment que cette révolution engendre des défis : ils se doivent d’imaginer des nouvelles sources de création de valeur étant donné que le monde physique se mélange avec le monde virtuel où chaque objet peut potentiellement être intelligent.

Dès lors, ce n’est pas la production qui est le point central de notre économie aujourd’hui mais plutôt le service (utilisant le Web), délivré par la machine. Voici quelques exemples de domaines dans lesquels ce réseau LoRa pourrait intervenir :

  • L’environnement : mesurer la pollution, prévenir les catastrophes naturelles (avalanche, tremblement de terre, …)
  • Santé : suivi sportif, gérer les stocks de médicaments,…
  • Smart cities : gérer l’éclairage, les parkings, …
  • L’agriculture : suivi des récolte, de la météo,…
  • Dans les villes « intelligentes » cette technologie donne accès aux poubelles connectées, au calcul des taux de pollution aux heures de pointes etc. (à mettre plutôt dans le paragraphe après, avec tes exemples).

Bouygues Telecom n’est pas la seule firme à avoir pris ce chemin,
Orange a compris que le futur se trouvait dans ces objets connectés et a fait de même en se basant également sur le réseau LoRa.

Selon Amélie Charnay, rédactrice sur 01net, « Il s’agit avant tout pour Orange de proposer de nouveaux services aux entreprises en ciblant principalement les villes intelligentes qui s’équipent de capteurs”.

Stéphane Richard (PDG de Orange) a quant à lui posté sur Twitter qu’il y aurait “25 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020 », note non négligeable justifiant l’intérêt des opérateurs pour ces innovations.

De plus, les entreprises qui développent ces réseaux peuvent utiliser le Big Data qui découle de cette technologie. En effet, il est possible d’exploiter (via des algorithmes) les informations échangées entre les objets et donc de traiter et d’employer ces données afin d’optimiser bons nombres de services. Elles peuvent également être vendues, engrangeant des gains financiers considérables pour des sociétés telles que Bouygues ou Orange.

Par ailleurs, les objets connectés sont source de productivité et de création de valeur pour l’économie. Les données, une fois exploitées, permettent d’améliorer la production, diminuant les coûts et optimisant l’utilisation d’énergie. On peut aussi souligner le gain pour les ménages : des outils qui leurs simplifient la vie, des informations mieux traitées afin d’adapter l’offre de services des entreprises à la demande de manière plus adéquate.

Les firmes françaises sont donc « sur le coup » et faire de la France un champion des objets connectés est un objectif réalisable dont tout le monde parle. Par conséquent, la recherche développement dans les nouvelles technologies, la confiance entre les acteurs et un gouvernement qui soutient ces entreprises sont des éléments nécessaires pour mener à bien cette mission.

 

Caroline Bento

 

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