Les américains se sont-ils trumpés ?

Après la réaction des politiques, des réseaux sociaux, des électeurs, du monde entier ; après le brouhaha venue des manifestations new-yorkaises, des memes à répétition sur le net et de l’indignation générale, voilà le regard porté sur ce scrutin par les acteurs des médias et des télécoms.

Que pensent les acteurs télécommunications et médias de l’élection de Trump ?

Lors de cet EDay se déroulant à l’Université Paris Dauphine, des acteurs majeurs de ce secteur se sont exprimés quant à la victoire de Donald Trump.

Autour de la table ronde : Médias et télécommunications : des enjeux européens, retranscrite sur notre blog : Michel Combes de SFR, Jake Donavan  de LionTree, Maryam Salehi du Groupe NRJ, Emmanuel Forest de Bouygues Télécom, Maurice Lévy de Publicis Groupe et Christophe Thoral de Lagardère Studios, animé par Valérie Hoffenberg (Connecting Leaders Club) se sont exprimés sur les présidentielles américaines. 

C’est déçu mais résolu que Jake Donavan de LionTree donne le premier son avis quant au résultat de l’élection américaine se déroulant l’avant veille. Il souligne que si tout le monde en Europe rêvait de voir Hillary Clinton et non Trump faire du discours d’acceptation, il faut se faire à l’idée de ce nouveau président. Selon lui, ce n’est, certes pas positif pour le monde, mais il faut faire comme Obama et H. Clinton, lui souhaiter le meilleur car nous sommes tous dans le même bateau.

Maurice Lévy de chez Publicis Groupe se fait lui plus critique quant aux raisons de ce résultat. Donald Trump est là, selon lui, parce que les politiques classiques n’ont pas fait ce qu’ils avaient à faire. Maurice Lévy fait un parallèle avec la situation politique actuelle en France. Il a écrit un article en décembre 2015 expliquant ce qui se passait sur le plan politique. Ce ne serait pas le Front National le problème mais le fait de ne pas écouter la frustration profonde des français. Comment prend on en charge des gens qui ont peur du chômage ou de l’immigration ? Il y a, martèle-t-il, depuis 1998, une angoisse du déclassement.

« La classe moyenne a encore peur du déclassement, que leurs enfants aient un avenir moins bon, les gens réagissent en protestant, en votant avec leurs pieds pour se faire entendre », conclut-il.

Michel Combes prend un autre angle d’analyse : l’erreur, une nouvelle fois, des instituts de sondage. C’est, sur un ton décalé, qu’il constate que cela « va donner des leçons aux donneurs de leçon des plateaux télé ». Sur quoi Valérie Hoffenberg embraye pour souligner que BFM n’a pas été meilleure que ses consoeurs quant à la prédiction du scrutin. « Heureusement, BFM s’est rattrapée au milieu de la nuit », s’amuse  Michel Combes. Par ailleurs, il y a un point qui arrange les affaires d’Altice aux États-Unis :

« L’administration va être business friendly et accélérer la convergance ».

Michel Combes rappelait, d’ailleurs, au début de la table ronde que Patrick Drahi, faisait parti des magnats médias américains. Michel Combes explique (avec un brin d’ironie ?) que Patrick Drahi ne s’est pas inspiré de ces tycoons mais que ce seraient bien eux qui se sont inspirés de ses grandes convergences. Le paradigme de cette grande convergence serait d’ailleurs la fusion de AT&T et Warner.

Maryam Salehi, directrice générale de NRJ Group, soutient Michel Combes sur ce dernier point : « Il faut voir avec qu’il va travailler ». Selon elle, le vrai sujet ce ne sont pas tant les affaires, les médias ou les télécom mais bien la politique internationale.

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Emmanuel Forest prend lui le virage télécoms en engageant le débat sur la « fracture sociale », ce sur quoi il n’a pas tort. Les protestataires du système politique classique, sont ceux n’ayant pas accès à une infrastructure de réseau satisfaisante ou à une 3G de piètre qualité. Ce sont les campagnes mal reliées qui ont voté Trump. Il revient sur l’Europe en maintenant qu’il est essentiel de créer un cadre pour investir dans les réseaux. La « gigabit society » c’est très bien, mais le haut débit et la fibre optique doivent arriver à un niveau optimal. Le directeur adjoint de chez Bouygues Télécom, parle de ce sujet comme d’un moment majeur pour que les administrateurs montrent à leurs administrés qu’ils ne les oublient pas.

Pointe d’humour pour conclure, Christophe Thoral, du Groupe Lagardère, explique en quoi cette élection lui a été « business friendly »… pas pour les raisons que l’on pourrait imaginer ! En effet, « C dans l’air », émission de Lagardère Studios, a fait sa meilleure audience grâce à l’élection de Donald Trump.

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Alix de Goldschmidt

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