Australia’s Shame : un reportage déroutant et choquant !

Dans la catégorie Grand Reportage et Investigation, le FIPA propose « Australia’s Shame » de la journaliste Caro Meldrum-Hanna. Le reportage dénonce les conditions d’emprisonnement des enfants principalement aborigènes entre 14 et 17 ans en Australie. Impossible de sortir de la projection sans être sous le choc et révolté contre tant d’inhumanité ! 

Une scène introductive poignante

L’équipe du 226 commence ce vendredi 27 Janvier au Fipa par une projection dont nous ne sortirons pas indemnes. Dans la salle de la Gare du Midi, les spectateurs s’installent, la salle est pleine à craquer et les lumières s’éteignent… Le reportage s’ouvre sur une scène qui plonge le spectateur directement au cœur du sujet. Une caméra de surveillance filme la cellule d’un enfant, John, emprisonné pour avoir volé une voiture. Il est depuis quelques jours dans l’Unité de Gestion Comportementale, un isoloir au sein de la prison pour les enfants les plus violents. Il essaie de s’échapper, demande à l’aide, tente de casser la porte, les fenêtres… Les gardiens, de l’autre côté, le regardent, se moquent de lui, et finissent par le gazer. John suffoque dans sa cellule, et restera seul pendant plusieurs minutes. Il s’étouffe et les gardiens finissent enfin par l’évacuer. On apprend plus tard, grâce à la voix off de la journaliste Caro Meldrum-Hanna, que John reste 23h sur 24 dans sa cellule, n’a pas l’eau courante, mange ses trois repas avec ses doigts, et se fait régulièrement insulter et violenter par les gardiens…

Des conditions de détention effroyables

Le sujet de la maltraitance avait déjà été abordé par les médias qui semblait malgré tout prendre le parti des gardiens. C’est alors que le travail de la journaliste commence. Elle interroge le Ministre concerné (Ministry for Correctional Services) qui ne paraît pas être au courant de ces pratiques, la juge d’instruction qui les dénonce… Le témoignage de ces enfants prouve à quel point ces conditions de détention effroyables sont dévastatrices. Leur avocat parle ouvertement de torture. Comment un enfant qui se fait emprisonner dans ces conditions peut ensuite se reconstruire et devenir un adulte ? Quelle rôle la société a à jouer ? La dernière scène du documentaire est aussi éprouvante que la première. Elle montre Dylan, adolescent violent, dans sa cellule, sur une chaise, pieds et mains liés, avec un sac en toile qui recouvre sa tête. Les gardiens le laisseront plus de deux heures dans cette position pour le punir d’avoir voulu se mutiler.

En conclusion, le reportage est très fort, très engagé, les interviews variées et les images poignantes parlent d’elles-même. Le parti pris est intéressant bien qu’il ne laisse pas place au débat.

Reportage de  Caro Meldrum-Hanna, produit par Mary Fallon pour ABC (Australian Broadcasting Corporation)

Jean-Benoît Henry

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