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Windy Day : Un mariage transmédia entre Pixar et Motorola.

Windy Day : Un mariage transmédia entre Pixar et Motorola.

A quelques jours du vernissage de l’exposition Pixar au nouveau musée Art Ludique à Paris, le studio d’animation a fait parler de lui dans le monde du mobile, des nouvelles technologies et du transmédia. Le magazine Wired retraçait la semaine dernière l’avènement d’un projet sensationnel auquel de nombreux artistes du studio de Disney ont pris part.

Ce projet intitulé Windy Day est apparu sous forme d’application le matin du 29 octobre 2013 sur l’écran des heureux détenteurs

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d’un portable Motorola Moto X. Modèle qui, on le sait, n’a pas été planifié pour l’Europe… Le programme a été conçu au sein de la division ATAP (advanced technology and projects) de Motorola, division créée en mai 2012. Le rachat de la firme américaine par Google, moins d’un an auparavant n’est certes pas étranger à la mise en place d’un tel département.

La naissance de Windy Day est d’abord liée à une réflexion faite au sein d’ATAP qui était de remarquer que le mobile, et à plus forte raison le smartphone, sont des objets dont nous sommes dépendants mais dont la force émotionnelle qu’ils génèrent à notre égard reste bien en deçà de celle véhiculée par d’autres objets technologiques dont l’usage serait a priori moins assidu, comme par exemple, les jeux-vidéos. Ainsi il y aurait un paradoxe à ce que nous soyons si proches de nos portables mais que les émotions qu’ils nous procurent soient si faibles comparées à la télé ou aux consoles. C’est ainsi que le département a développé une nouvelle forme de storytelling, un concept uniquement fonctionnel sur mobile : les « Spotlight Stories ».

La technique inventée et développée par les ingénieurs de Motorola a été de créer un canevas, une fenêtre graphique interactive selon l’orientation donnée par le portable. En associant un espace intégralement modélisé par CGI à la technique de la réalité augmentée, des mondes virtuels s’ouvraient alors à portée de main. Mondes dans lesquelles les opportunités narratives et interactives étaient intégralement à découvrir. Le portable n’est plus le terminal qui offre le contenu, il devient la fenêtre que l’on tourne vers le contenu.

 

http://www.youtube.com/watch?v=VAJXkZ0WB_o

 

Seulement, il fallait remplir ces nouveaux mondes. Les ingénieurs ne sont pas des artistes. Ou alors à leur manière… ATAP s’est rendu rapidement compte qu’il fallait faire appel à des animateurs chevronnés afin de faire vivre au mieux ces nouveaux espaces. C’est ainsi que Jan Pinkava (qui s’était illustré tant à l’animation qu’au scénario sur de nombreuses œuvres Pixar telles que 1001 pattes, Toy Story 2 ou Ratatouille) Doug Sweetland (animateur sur Némo, les Indestructibles, Cars…) et Mark Oftedal (animateur sur Toy Story, 1001 pattes, Monstres et compagnie…) furent recrutés en tant que réalisateur pour l’un, chef animateur pour le suivant et scénariste pour le dernier. Une équipe 100% Pixar a donc formé le noyau artistique de Windy Day.

L’enjeu au départ était de bien définir quelles options entrainaient ce nouveau mode de narration semi-libre. La technologie inventée offre en quelque sorte de donner le contrôle de la caméra au spectateur. Dans quelle mesure alors l’histoire devient-elle interactive ? Et, plus encore, le spectateur doit-il ou peut-il influer sur le déroulement ? Wired rapporte les propos de Pinkava : « Nous ne faisons pas un jeu, nous faisons une histoire ». Le réalisateur insiste sur la dimension d’abord narrative de l’expérience. Le spectateur peut bien choisir quoi regarder dans le monde, où porter l’angle de « sa caméra », mais cela ne doit jamais altérer le cours de l’histoire. Lorsque l’utilisateur se concentre sur une scènette alternative, l’intrigue principale s’arrête tant que le spectateur n’y retourne pas. Ce n’est pas un jeu à la David Cage dans lequel la décision du spectateur modifierait la trame. Fidèle à leur tradition de conteur, les artistes Pixar proposent d’abord et avant tout une histoire. L’expérience est certes nouvelle mais le spectateur reste soumis au récit.

Plus le projet avançait, plus l’équipe s’étoffait. Le budget du film se chiffrait en dizaine de millions (sans retour d’exploitation salle à venir évidemment) mais Google a largement investi dans le projet convaincu par l’écho qu’entrainerait ce prototype novateur. Au summum de la production, l’équipe réunissait près de 40 artistes : la crème du cinéma d’animation américain rassemblée pour repenser la manière de conceptualiser et d’animer un film afin de créer ce nouveau monde observable à 360°. Chaque détail compte car dans ce système, nul endroit n’est à l’abri du regard du spectateur. Tous les éléments se superposent. Un des défis notables sera par exemple la création de la bande sonore. En effet, chaque utilisation d’un spectateur modifie nécessairement autant la durée du film que le moment où les actions se déclenchent ; actions qui doivent pourtant être synchronisés aux thèmes adéquats. Afin qu’il n’y ait pas de blancs ou de transitions trop rudes entre deux morceaux, la solution aura été de créer de nombreux thèmes musicaux qui s’intercalent, s’empilent et se fondent les uns les autres comme le feraient, selon Pinkava, « les écailles d’un tatou. »

 

Présentation de Windy Day au salon Qualcomm (concepteur du processeur du Moto X)

http://www.youtube.com/watch?v=9xrY94W9WmY

 

Pour bien comprendre la révolution apportée par Windy Day il faut bien entendu se souvenir que le film est constamment rendu en temps réel à 24 images par secondes. A la différence d’un film d’animation CGI classique qui est de fait pré-rendu, ici les capacités du Moto X ont dues être exploitées de façon optimale afin de réaliser cette prouesse. Pour l’exemple, un processeur utilisé sur le film Pixar Cars 2 (2011) mettait plus de 11 heures à rendre une seule image de film. Sur Windy Day, tout est instantané. Il va évidemment de soi que le niveau de graphisme ne rivalise pas avec un film d’animation pré-rendu ni d’ailleurs même avec le temps réel proposés par les logiciels développés sur console next-gen. Mais pour un mobile dont la fréquence du CPU est bien inférieure à celle des PS4 ou X-box One à venir, cela demeure une performance saisissante.

 

Enfin, l’après Windy Day reste encore à écrire. Nul doute pour l’instant que Motorola proposera de nouvelles « Spotlight Stories ». Aussi, il va sans dire que l’incorporation de cette technologie à de nouveaux formats de narration pourra véritablement faire évoluer le transmédia, les jeux, les films… Par exemple, nous pouvons sans mal imaginer une aventure policière dans lesquels différents indices seraient à découvrir par des utilisateurs connectés qui permettraient alors à l’histoire d’avancer dans un sens ou dans l’autre… Les variations et évolutions de ce système et de ces modes narratifs seront vastes et nombreux.

C’est un pas important dans le monde du mobile et du contenu digital que Motorola et Google ont pris cette année. Et c’est avec un enthousiasme certain que l’on aura relevé que de grands artistes du studio Pixar furent associés à ce projet, à cette réussite, qui sans nul doute fera date.

 

Jean Chaffard-Luçon

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  • benoit 12

    bravo doudou

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